12 novembre 2020

L'intéret de recourir à un conseiller en gestion de patrimoine


La richesse de contenu que l’on trouve sur Internet est un atout incontestable. En effet, nous avons désormais un accès instantané et souvent gratuit à des ressources qui n’étaient autrefois disponibles que dans des livres ou auprès de professionnels qualifiés. A ce titre, il est possible de progresser rapidement dans bien des domaines à la condition de s’en donner les moyens, de faire preuve de rigueur dans la sélection des sources et de régularité dans l’apprentissage.

Le domaine de la gestion de patrimoine n’échappe pas à cette règle, en témoigne le nombre croissant de podcasts, de chaine YouTube ou de blogs patrimoniaux dédiés. Je dirais que c’est une bonne chose car on ne peut pas dire que les français disposent d’une bonne culture financière.[1]

Limiter toutefois la gestion de patrimoine à la seule finance ou même, par exemple, au seul domaine immobilier serait une erreur lourde de conséquences. En effet, ce qui en en fait un sujet à la fois si passionnant et si complexe est qu’il recouvre lui-même plusieurs thèmes très vastes remplis de particularismes. Je pense notamment au droit de la famille, aux marchés financiers, au droit des sociétés, à la fiscalité, à l’immobilier etc.

L’exercice du métier de CGP implique donc de disposer d’un socle de connaissances solide, d’une expérience significative et de la faculté de chercher à améliorer en permanence son niveau de compétences. Ce professionnel peut donc être un atout précieux pour chaque investisseur cherchant à solutionner certaines problématiques complexes.

Cela me fait me souvenir de mon premier achat immobilier. Avec mon épouse nous étions locataires et notre fille était née il y a moins d’un an. Nous étions à l’étroit dans notre 40 m2 et le temps était venu pour nous de devenir propriétaires de notre résidence principale.

Nous avions prévu de réaliser des travaux afin de rafraichir le logement et le mettre à notre goût. Nous avions parcouru d’innombrables sites, visionnés des dizaines de tutoriels pour nous préparer à réaliser nous-même la totalité des travaux. Nous pensions atteindre un résultat proche de celui d’un professionnel sans recourir à un aucun artisan. Le résultat final était malheureusement loin du niveau attendu.

En effet, nous n’avions pas identifié en amont toutes les particularités du bien. Nous n’avons pas su parfaitement coordonner les étapes, nous n’avions pas de plan d’action précis mais ce qui nous a manqué le plus était de l’expertise et des compétences dans le domaine. Avec le recul et si c’était à refaire nous ferions appel à des professionnels qui réaliseraient un travail de qualité moyennant rémunération. Le côté positif est qu’il est toujours possible d’ajuster les choses s’agissant de travaux, ce qui est loin d’être aussi évident lorsqu’on parle de gestion de patrimoine.

Cette situation courante peut être mise en parallèle avec un événement patrimonial rencontré par un investisseur ou un épargnant. (Réorganisation du patrimoine, Acquisition d’un bien locatif, Préparation de la retraite, Protection du conjoint, Optimisation fiscale ? Succession etc.).

Imaginons la situation de Monsieur Prospect. Ce Monsieur est divorcé de sa première épouse avec laquelle il a eu deux enfants. Il s’est remarié récemment avec Madame Fidèle qui a eu, elle aussi, deux enfants avec son précédent mari. Précisons que les enfants de Monsieur et ceux de Madame ne voient pas cette union d’un bon œil si bien qu’ils n’adressent quasiment plus la parole à leur parent respectif.

Dans ce contexte familial, Monsieur souhaite protéger son épouse du mieux possible. Il envisage d’acheter un bien immobilier locatif pour assurer « ses vieux jours et ceux de son épouse ». Notons que la résidence principale, ayant été acquise avant mariage, appartient à Monsieur seul.

 

A travers cet exemple, qui reste assez courant, sont posés plusieurs problèmes :

  • Le mode de détention de l’appartement locatif. (Achat en nom propre, via une société par exemple ?)
  • Les conséquences d’un décès de Monsieur quant au droit d’usage de la résidence principale pour Madame ?
  • Le risque éventuel d’atteinte à la réserve des enfants qui pourrait conduire à une action en réduction.
  • L’optimisation de la fiscalité générée par les futurs revenus locatifs ?
  • La gestion d’une éventuelle indivision entre le conjoint survivant et les enfants du défunt ?
  • L’optimisation de l’investissement en lui-même (Achat à crédit ? Montant de l’apport ? Couverture et quotité d’assurance à retenir ? Autofinancement ?)
  • L’estimation du montant des pensions de retraite touchées par le couple.
  • La modification ou l’aménagement du régime matrimonial du couple ?
  • La mise en œuvre de certaines libéralités ?

Je vous laisse imaginer les conséquences dramatiques d’une légère approximation dans la mise en œuvre de la solution. De plus, une fois mise en œuvre, les solutions patrimoniales sont souvent irréversibles ou très compliquées à ajuster ; voilà pourquoi il faut viser juste dès le départ.

Dans ce genre de situation il est donc indispensable de recourir à un professionnel du secteur car il n’existe à ma connaissance aucun tutoriel, aucun podcast, aucun blog dont le contenu serait transposable immédiatement à n’importe quelle problématique patrimoniale. La résolution d’une problématique de ce type nécessite compétence, méthode et surtout une bonne dose de réflexion.

L’atout du conseiller en gestion de patrimoine, particulièrement lorsqu’il travaille en interprofessionnalité, est qu’il possède un champ d’intervention très large pouvant répondre à la quasi-totalité des problématiques rencontrées par les investisseurs. Inutile toutefois d’appeler un CGP s’il s’agit de verser sur votre livret A ou votre PEL, votre banquier s’en chargera pour vous.

Cependant bien des investisseurs hésitent encore à confier une mission à un CGP moyennant le paiement d’honoraires. L’une des raisons principales est que nous sommes habitués à recevoir une contrepartie immédiate à un paiement. De même, lorsque nous nous rendons chez notre médecin il est difficile pour nous d’accepter de repartir sans ordonnance. Or, il faut généralement du temps pour voir les effets des préconisations d’un CGP mais les résultats peuvent être vraiment significatifs…

Pour conclure et pour en revenir à ma résidence principale, j’ai décidé récemment de changer totalement le look de ma salle de bain. Cette fois j’ai accepté de payer un professionnel et le résultat est top ! (J’ai quand même posé le mobilier moi-même car certaines choses ne nécessitent pas forcément de recourir à un pro.)

References

[1]

Lire l'article des Echos : "Culture financière : Les français manquent encore de repères"

Lire l'étude réalisée à la demande de l’Institut pour l’Education Financière du Public (La Finance pour tous), en partenariat avec l’Autorité des Marchés Financiers : " La culture financière des Français" 

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